Gujarat : l’ecole des femmes !
Le mariage, Agnès, n’est pas un badinage :
À d’austères devoirs le rang de femme engage
Molière (un pote)
Deuxième étape de notre découverte de l’Inde : nous voilà au Gujarat, état industriel de l’ouest du pays, pour poursuivre notre immersion dans le mécénat de la fondation GDF SUEZ au travers de Codegaz, une ONG interne au groupe. Et le propos du jour est passionnant : l’accès à l’éducation et au développement personnel des jeunes filles, à plus forte raison lorsqu’elles sont d’origine tribale. Un enjeu majeur du développement de ces populations souvent défavorisées, pris à bras le corps par une congrégation de sœurs, les filles du coeur de Marie. Un reportage riche en émotions !
Pour découvrir le quotidien de ces sœurs passionnées par l’éducation de leurs pensionnaires, de ces jeunes filles à la gentillesse et au sourire communicatifs, de ces professeurs animées par une envie de transmettre leur savoir, en vous immergeant dans un monde de couleurs, de contrastes et de mouvements, on vous a concocté une petite vidéo récapitulative :
Pour en savoir plus, on va reprendre la trajectoire du reportage, point par point !
Koth : des sœurs multitâches !
Koth, c’est une petite bourgade du centre du Gujarat, et un réel melting pot entre différentes origines, ethnies et cultures, venues pour diverses raisons s’installer ici. On trouve des locaux qui ont vu le développement industriel de loin, depuis leurs campagnes plus agraires, des tribaux venus travailler avec eux depuis leurs collines du nord, et des travailleurs itinérants venus d’autres états pour œuvrer dans la petite industrie locale, comme les briqueteries. Et au milieu de ce joyeux mélange, en rase campagne, on trouve un pensionnat tenu par 3 sœurs de la congrégation des filles du cœur de Marie (un ordre originaire de St Malo !), qui accueille et accompagne 88 jeunes filles de la région dans leur scolarité du collège au lycée.
- L’éducation des filles, une priorité !
Dans un pays où à tous niveaux la règle demeure celle du mariage arrangé, et d’une place de la femme essentiellement cantonnée au foyer et aux fourneaux, l’émancipation féminine passe d’abord par l’éducation. C’est pour cela que depuis 32 ans, les sœurs travaillent pour sensibiliser les familles et les filles elles-mêmes aux bienfaits de l’école, avec aujourd’hui un succès certain puisque 80% d’entre-elles s’y inscrivent, spontanément qui plus est.
Pour offrir à leurs pensionnaires la meilleure éducation possible, les sœurs travaillent en étroite collaboration avec une congrégation de prêtres ayant élu domicile de l’autre côté de la route, et tenant un pensionnat pour garçons avec qui elles partagent l’école. Ici, les enfants apprennent comme partout les matières essentielles, et peuvent choisir entre trois filières : sciences, économie ou art. (à quelques nuances près, la même chose que nos filière S, ES et L).
- La santé, c’est important !
Tout comme une des trois sœurs vivant à Koth est spécialisée dans l’enseignement, une autre l’est dans la médecine et la phytothérapie. Grâce à ce savoir, elle tient un dispensaire dans l’enceinte de l’internat, qui est ouvert 6 jours sur 7 aux habitants de la région (le dimanche étant naturellement le jour de relâche). Outre les premiers soins ou l’assistance aux accouchements, l’accent est mis ici sur la prévention, et notamment des risques de l’alcool et du tabac, puisqu’ici le tabac à chiquer règne en maître absolu.
- L’action sociale, un sacerdoce !
Troisième sœur, troisième axe d’action, et celui-ci à vocation plus sociale. L’idée ici est d’offrir aux habitants les plus défavorisés des villages voisins, ainsi qu’aux populations migrantes venues chercher du travail dans les briqueteries, des rudiments d’éducation et des notions générales de justice applicables au quotidien, pour éviter qu’ils ne soient démunis devant des tentatives d’exploitation venant d’un éventuel employeur ou d’autres villageois mal intentionnés. Ce travail s’accompagne d’un soutien aux femmes pour participer à leur émancipation et à la garantie de leurs droits, ainsi qu’un éveil des petits enfants à une première éducation. Si les sœurs ont renoncé depuis quelques années à tenter de convertir leurs ouailles, elles n’ont en revanche jamais perdu leur objectif majeur de vue : être utile à leur communauté !
- Le soutien de la fondation GDF SUEZ et de Codegaz
Ce mécénat est l’un des plus récents menés dans le Gujarat, mais néanmoins déjà bien développé. Tout d’abord, la fondation GDF SUEZ et Codegaz ont financé l’achat de pupitres pour les filles de l’internat, pour leur permettre d’étudier dans de meilleures conditions. Cette action se prolonge aujourd’hui par l’investissement dans un chauffe-eau solaire de 1000 litres dont l’installation devait commencer le lendemain de notre visite, les pièces détachées étant déjà toutes en place sur le toit du bâtiment. Autres chantiers à venir, la rénovation des toilettes des filles, ainsi que la construction d’une fosse septique. Un soutien matériel appréciable, qui permet d’améliorer sans cesse les conditions de villes des pensionnaires de l’internat, et donc de leur permettre d’avoir le meilleur cadre d’étude possible. Voilà qui est propice à leur épanouissement !
Bharuch : la suite logique !
A un peu moins de 4 heures de route de Koth, on trouve à Bharuch une ville bien plus conséquente (150 000 habitants environ), qui abrite de nombreuses industries, hôpitaux et bureaux. Dans ce cadre propice à l’insertion professionnelle, les sœurs ont implanté le Vidhyadeep Community College (faites comme tout le monde, dites V.C. College c’est plus simple !) qui se situe dans un cursus éducationnel après le pensionnat que nous vous présentions plus haut. Ici les filles viennent de tout le Gujarat, pour suivre des formations professionnelles à cheval entre un bac pro et un BTS (pour schématiser), et sont quasiment toutes d’origine tribale. Grâce aux sœurs, cette catégorie de population trouve un accès à des métiers valorisants et rémunérateurs, à même de les insérer d’avantage dans la société indienne moderne.
- Les formations dispensées
Les axes majeurs sont l’apprentissage de l’anglais, de l’informatique, de la bureautique, de la couture et du métier d’aide-soignante ou d’infirmière. Les élèves suivent en général une majeure, et peuvent ensuite poursuivre dans une filière complémentaire, ou suivre une partie d’un autre apprentissage (l’anglais se mariant par exemple parfaitement avec la bureautique). L’idée est de trouver ensuite une insertion professionnelle dans un emploi de bureau, un hôpital, l’industrie, un call center, mais aussi de donner aux futures couturières établies à leur compte les notions de gestion de budget cruciales pour la bonne marche de leur affaire. Dernière formation inaugurée, un cursus forme désormais de futures enseignantes, certaines ayant pu tout de suite appliquer leur apprentissage en intégrant l’équipe pédagogique du V.C. College !
Et ne croyez pas que les soeurs s’assoient sur leurs lauriers, non elles cherchent sans cesse à améliorer leur apprentissage. Dernier fait d’armes en date Soeur Maggie, la principale de l’établissement, a obtenu un précieux sésame dont le nombre est compté en Inde : son institution va intégrer une échantillon test pour l’apprentissage du Cloud Computing. La sœur nous avoue dans un éclat de rire qu’elle avait sauté sur l’occasion sans bien savoir de quoi il s’agissait, mais qu’en se renseignant ensuite elle ne pouvait que se réjouir de cette audacieuse ambition. L’Inde fait de plus en plus office de référence au niveau mondial en matière d’informatique, pourquoi cela ne s’appliquerait pas au filles du Gujarat ?
- Le soutien de la fondation GDF SUEZ et de Codegaz
En plus de 10 ans de partenariat, ce mécénat s’est développé sur une relation de long terme. Les premières actions ont eu pour visée d’améliorer l’équipement de l’établissement, en lui fournissant du matériel informatique et des machines à coudre. Puis, Codegaz a financé l’installation d’un filtre pour l’eau bue par les jeunes filles, ainsi que les lits des dortoirs, une nouvelle salve d’ordinateurs et de matériel éducatif. Le plus gros chantier s’est achevé l’an passé avec la surélévation de l’internat, qui en rajoutant un étage a permis aux sœurs de répondre aux demandes croissantes d’inscription, pour une livraison en mars 2011. Dernier investissement en date, le financement d’un laboratoire médical et de ses appareils, dont les travaux de peinture touchaient à leur fin lors de notre passage.
Et les projets ne s’arrêtent pas là, aujourd’hui les partenaires discutent de la protection de la terrasse du bâtiment « école » par un nouveau toit qui éviterait les infiltrations d’eau pendant la mousson, tout en protégeant le bâtiment situé en dessous des chaleurs les plus fortes de l’été, en offrant un espace supplémentaire de vie et d’enseignement. L’extension du lavoir et de la cuisine des filles est elle aussi à l’étude, puisqu’il faut adapter ces installations aux désormais presque 250 pensionnaires !

Et ça en fait du linge à sécher ! Un très grand merci à Hervé, notre super accompagnateur (on vous en reparlera
) pour ses magnifiques clichés !
Comment soutenir cette action ?
Cela se décline en deux pans, selon que vous soyez en Inde (ou en capacité de vous y rendre !) ou non. En effet, sur place les sœurs sont toujours ravies d’accueillir des professionnels prêts à dispenser leur savoir aux élèves, et vous accueilleront avec joie ! Sinon, vous pouvez vous rendre sur le site de Codegaz pour faire un don, ou tout simplement suivre et découvrir d’avantage l’action de l’équipe indienne de l’ONG. N’oubliez pas que les dons effectués ici sont déductibles à 66% de vos impôts, ce qui vous permettra de donner 3 fois plus à coût constant pour vous. Et rassurez-vous, nous l’avons vu et vérifié, votre argent sera très bien employé, parole de Golden Trotters !
Quant à nous, on a fini par quitter Bharuch presque à contrecœur tant l’accueil qui nous a été réservé étant profondément humain et touchant. Mais notre route indienne est encore riche et variée, et on a encore tellement d’histoires à collecter et à vous raconter ! Prochaine étape : les alentours du terminal méthanier de Dahej, et le village de Luvara. A bientôt sur le blog !





hello les jeunes
je souhaite ajouter un article sur le site codegaz avec les liens directs vers les 3 sites en Inde en français et anglais
la version anglaise ne fonctionne pas.
http://www.the-golden-trotters.com/the-golden-mission-gujarat-lecole-des-femmes.html
http://www.the-golden-trotters.com/the-golden-mission-jamghat-mecenat-inde.html
http://www.the-golden-trotters.com/the-golden-mission-luvara-fondation-codegaz.html
pouvez vous y remedier rapidement , idéalement demain ? sinon on s’en passera!
dites moi svp ce qui est possible
merci de votre réactivité et excellente journée !
Les versions anglaises sont ici :
http://www.the-golden-trotters.com/en/the-golden-mission-luvara-fondation-codegaz.html
http://www.the-golden-trotters.com/en/the-golden-mission-gujarat-lecole-des-femmes.html
http://www.the-golden-trotters.com/en/the-golden-mission-jamghat-mecenat-inde.html
Il suffit d’aller sur la version anglaise du blog pour les trouver
A bientôt sur le blog !